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Dernière mise à jour :
Recueil des antiquités valenciennoises 1550, bibliothèque de Douai
1553, miniature Hubert Caillau

Relevé, roulé et scellé dans un reliquaire, le Cordon céleste, filé et tissé de la main des anges» fut déposé dans l’oratoire dédié à la Vierge Marie au Neuf Bourg.

Quand cette modeste chapelle fit place à la somptueuse église Notre Dame la Grande, la châsse fut mise sous un dais, au-dessus du maître-autel.
On la descendait deux fois l’an, pour être portée à la Fête-Dieu et à celle du 8 Septembre. Durant la neuvaine de la Nativité de Marie, elle était exposée dans le cœur de l’église, à la vénération des fidèles.

Garde d'honneur

Sa garde d’honneur fut confiée par le Magistrat à la «Confrérie des Royés», association de notables, à qui durant le trajet processionnel autour de la ville, était réservé l’insigne privilège de porter nu-pieds la «fierté de Marie» autrement dit la châsse contenant le Saint Cordon. Leur vêtement, pour les cérémonies officielles, consistaient en une robe de drap noir, rayée de haut en bas d’un galon aurore, barrée en sautoir d’un large ruban bleu, d’où le nom de Royés. Fiers de leur titre, avec une fidélité qui jamais ne se démentit, de génération en génération, ils transmirent les nobles traditions de la Confrérie et les maintinrent avec zèle, soucieux d’embellir toujours le reliquaire dont ils étaient les gardiens.

Sensible aux témoignages de confiance et de piété filiale que Lui prodigua «son peuple de Valenciennes», la «Vierge du Saint Cordon» ne cessa d’y répondre, couvrant de sa maternelle protection et les fidèles qui l’invoquaient isolément, et la population entière l’appelant au secours dans les calamités publiques.

Vingt cinq fois, relatent les chroniqueurs, Marie sembla jeter encore autour de la cité valenciennoise comme un cordon sanitaire que la mort ne pouvait franchir, mais devant lequel «le mal contagieux s’éloignait à vue d’œil», notamment en 1291, 1515, 1555, 1665, quand les épidémies sévirent avec violences, dates mémorables inscrites dans les annales, mais aussi gravées dans les cœurs reconnaissants de valenciennois.
Les embellissements successifs de la châsse du Saint Cordon donnèrent lieu à plusieurs Translations et reconnaissances» de la Sainte Relique.

A l’époque de la révolution, les églises de Valenciennes furent pillées. Qu’advint-il de «La fierté des Royés» ? A t-elle était brisée et son contenu jeté au feu ? Nous croyons devoir répondre négativement, car aucun valenciennois survivant à la tourmente de 1793 n’a jamais affirmé avoir vu détruire le Saint Cordon ; ni même savoir ce qu’il était devenu.

On présume qu’un des religieux qui en avait la garde l’aurait soigneusement caché afin de la soustraire à une profanation sacrilège et serait mort sans en avoir confié son secret à un homme sûr. C'est pourquoi, si jusqu'à présent, toutes les recherches pour retrouver le Saint Cordon ont été infructueuses, nous ne devons pas désespérer de les voir un jour aboutir....