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Dernière mise à jour :
Publié le 27 décembre 2017

Compte rendu de l'assemblée générale ordinaire du 16 Décembre 2017


En ouverture de cette assemblée générale notre président M. Alexandre Bonduelle remercie pour leur présence M. Daniel Cappelle, conseiller municipal délégué au patrimoine et représentant le Maire, M. Laurent Degallaix, et les membres de l'association.

A. Bonduelle laisse d’emblée la parole à D. Cappelle, non sans avoir rappelé l'existence de l'association

depuis déjà 1997, date du dépôt des premiers statuts.

D. Cappelle nous fait part de la communication présentée lors du conseil municipal du 10 Novembre 2017.

Au terme de l'été 2017, le dossier final d'expertise a enfin été déposé après une décennie émaillée de multiples contretemps. Des conclusions, il en résulte un satisfecit accordé à la ville pour avoir rempli correctement ses obligations de maître d’ouvrage et corrélativement une claire mise en cause des titulaires de marchés, sous-traitants et maîtrise d’oeuvre compris. La voie est donc ouverte aux recours sur le fond impliquant une multiplicité de parties, assureurs et conseils inclus : le temps de la justice administrative promet d’être encore long. La ville fait valoir un préjudice estimé à 10 931 000 € recouvrant 1 428 000 € de dépenses faites pour préservation et consolidation (les seules dépenses acquittées par la ville jusqu’ici, les travaux n’ayant évidemment pas été réceptionnés), 6 777 000 € pour la solution réparatoire préconisée (et dont les principes sont avalisés par les expertises) et 2 726 000 € pour préjudices complémentaires (notamment la perte des subventions publiques accordées, dont celle de l’Etat, pour le projet de restauration).

La Basilique est propriété communale. De ce bâtiment patrimonial,il importe d’en avoir une approche globale, cela passe par plusieurs mots clefs :

 

  • Préserver : éviter que la Basilique ne se dégrade encore davantage

  • Restaurer : oui mais pour revenir à quel stade ? 1864 alors que le clocher n’était pas encore achevé ? Le périodes post guerres mondiales accompagnées de leurs travaux ? 2007 avant la bascule du clocher ?
  • Inventorier : faire le point sur la présence des œuvres. Opérer le tri entre celles appartenant à la ville et celles propriété du diocèse, donc de l’affectataire.

  • Protéger : en améliorant la clôture actuelle de l’édifice pour éviter toute nouvelle intrusion.
  • Conserver : lors du 1er semestre 2018, les œuvres toujours présentes en la Basilique seront déplacées et stockées dans des bâtiments municipaux maintenus hors gel.


D. Cappelle rappelle qu’en dépit des dix ans d'expertise, la municipalité n'est pas restée inactive et a agi au regard de ses possibilités en réalisant deux fois par an une inspection de la Basilique conduisant en particulier à la purge des pierres instables. La Basilique constitue un tout comprenant une fondation, une maçonnerie, une charpente, une couverture, un beffroi de cloches, et des vitraux. Tous ces éléments sont interdépendants : un constat à prendre en compte pour toute entreprise de restauration.

A cet effet, il importe de trouver un équilibre entre les considérations de nature technique et sentimentale en vue de cerner ce que l'on est prêt à sacrifier pour la survie du bâtiment.

Maintenant que le clocher est stabilisé, il faut appréhender la Basilique comme constitutive de deux entités : le clocher et le corps de bâtiment (nef, chœur, transept) qui s'appuie sur des échafaudages intérieurs et extérieurs, plus spécifiquement la première partie de la nef. A la suite du démontage des orgues et de son buffet, une inspection, rendue ce faisant plus aisée du clocher, a montré l'inutilité de l'étêtage du clocher, solution préconisée dans un premier temps et refusée par la DRAC. En revanche, des travaux conséquents sont nécessaires sur la première travée, base de la solution réparatrice.

Dans le semestre à venir il est prévu :

 

  • une protection d'urgence du clocher compte tenu des nombreuses infiltrations d'eau

  • une étude détaillée de la solution réparatrice (quoi faire, comment, quand, combien, les risques encourus… ). Un drone a d’ores et déjà été affrété en vue de procéder à de multiples prises de vue pour affiner les mesures réparatoires

  • travaux sur les orgues de la tribune, visite chez le facteur d'orgue le 24 Janvier 2018

  • déplacement des œuvres (cf. supra)

  • concertation avec la DRAC (service des monuments historiques)

  • réflexion globale et collaborative

D. Cappelle réaffirme qu'il n'est absolument pas question de désacraliser la Basilique : celle-ci demeure bien affectée au culte, ce qui n’interdit nullement une utilisation parallèle à des fins culturelles. Pour rappel, seul l'orgue est classé monument historique, la Basilique étant inscrite au titre des monuments historiques.

Carillonner n'est plus possible pour l'instant. Il est envisagé de sortir les cloches et de réaliser un ensemble campanaire avec adjonction d'autres cloches provenant du patrimoine religieux de la ville.

La question de la restauration est posée en ces termes ; deux hypothèses extrêmes sont posées, autorisant donc a priori des approches médianes :

  • Tout reprendre du projet initial de restauration : travaux sur la totalité du bâtiment, avec réactualisation des coûts, estimation de la durée des travaux, mise en conformité aux normes de sécurité d’aujourd’hui, aménagements de l'intérieur (éclairage, chauffage, accès PMR… ). Pour rappel, le projet de restauration initié en 2001, enclenché en 2006, se montait à 10,9 millions d’euros (reprise en sous-œuvre des fondations, remise en état des sols, reprise des désordres structurels du clocher, restauration du clos et du couvert, protections, mises en valeur des cloches, abords, éclairages) et était prévue une option de 2,9 millions d’euros (restauration des éléments disparus, couverture en ardoise, nouveaux vitraux, traitement des abords et éclairage architectural)


  • Projet alternatif : maintien du clocher, du début de la nef avec l'orgue reposant sur la structure actuelle réparée ; mais déconstruction du reste du bâtiment avec sauvegarde de l'autel de la Vierge, de la mise au tombeau de René Fache …, en somme des éléments monumentaux caractéristiques de la Basilique qui auront vocation à être intégrés dans un nouvel édifice disposé autrement et au volume repensé

C'est une discussion à mener entre la ville, l'affectataire, la DRAC, les associations concernées. Il est réaffirmé que ces deux hypothèses opposées ne sont pas exclusives d’autres solutions susceptibles d’émerger du débat.

A la suite de cette présentation une discussion s’engage.

Le Président de l’association demande bien confirmation que parmi les hypothèses envisagées, il y aura bien égalité d’approche et étude tant de la restauration de l’ensemble du bâtiment que celle de la déconstruction-reconstruction sans que la seconde ne soit privilégiée sous le couvert d’une apparence de débat ; ce à quoi répond positivement le conseiller municipal délégué au patrimoine. Mme Locqueneux (organiste) demande une réunion entre le facteur d'orgue et les amis des orgues de Notre-Dame, association qu’elle représente et que préside Bruno Strangis, dernier titulaire des orgues de la Basilique.

Mme Locqueneux propose la tenue d'un concert d'orgue avec le concours de la municipalité en l'église de Raismes où elle officie. M. Cappelle ne peut répondre positivement à la demande de support logistique mais encourage vivement ce type d'initiative.

M. Guilleminot, vice-Président de l’association, intervient à propos des purges de pierres ; ce travail est-il supervisé par des architectes car l'élimination progressive d'une masse importante de pierre servant de contrepoids peut entraîner un désordre supplémentaire sur la structure ? M. Cappelle confirme que les pierres éliminées ne sont que des éléments de décoration. Il rappelle que les travaux actuels et futurs sont financés sur fonds propres de la ville sachant que celle-ci doit aussi gérer d'autres dossiers (centre aquatique, travaux généraux de voirie…) M. Dumoulin demande une copie du rapport d'expertise ; M. Cappelle rappelle qu'il n'est pas mandaté pour le divulguer, seule une copie de quelques pièces est possible. M. Bonduelle indique avoir envoyé un courrier, en date du 3 décembre, au maire en vue de la communication dudit document. Mme Biencourt, conservatrice du patrimoine diocésain, livre quelques informations : grâce au mécénat, la restauration du tableau de Lucien Jonas, situé en la Basilique, est programmée ; l’œuvre est destinée à être exposée pour le centenaire de la fin du 1° conflit mondial.

A propos de la Basilique, elle rappelle qu'elle n'est pas la seule église fermée dans le diocèse et qu’il convient de connaître le chiffrage des coûts de restauration et d’établir une stratégie collaborative autour de plusieurs scénarios.

Le Président remercie M. Cappelle pour cette exhaustive présentation du dossier et l’ensemble des participants pour l’échange ayant suivi.

En l’absence du trésorier, il livre les dernières données chiffrées des comptes de l’association faisant état d’une saine situation financière avec des recettes provenant de la subvention municipale annuelle, des cotisations et dons ainsi que que du produit de la vente de la brochure de Bernard Dangréaux intitulée Le vitrail des ursulines, Basilique Notre-Dame du Saint-Cordon, éditée par l’association.

Le point est fait par J. Poncet, vice-Président de l’association, sur le site web ayant déjà bénéficié de plus de 60000 visites et rappelle l’existence de 4000 donateurs tout en informant de la création récente d'une page Facebook à diffuser le plus possible. Il serait plus que souhaitable de renforcer davantage encore notre visibilité ; à cet égard, le nombre de cotisants à jour demeure modeste, ayant indéniablement pâti de la paralysie du chantier de ces dix dernières années.

Alexandre Bonduelle, président de l'association


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