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Publié le 10 décembre 2018

Compte-rendu de l’assemblée générale ordinaire du 1er décembre 2018 - Espace Bertholi

Le Président Alexandre Bonduelle ouvre la séance en remerciant l’assistance pour sa fidélité. Il rappelle la teneur des propos de la dernière A.G de 2017 et plus particulièrement les perspectives alors évoquées pour l’année 2018.

Il donne d’emblée la parole à Monsieur Daniel Cappelle, conseiller municipal délégué au patrimoine, lequel va structurer son propos en 3 points principaux, le tout complété de documents graphiques et photographiques.

Dans un premier temps, M. Cappelle fait état de l’avancement du dossier contentieux. Alors que l’expertise avait été, enfin, finalisée au terme de l’année 2017, les parties au litige ont pu déposer leurs conclusions pour le recours déposé par la ville qui a assigné l’ensemble des intervenants impliqués dans le chantier de restauration débuté en 2007, entrepreneurs comme groupement de maîtrise d’œuvre. La ville avance un préjudice de près de 11 millions d’€ sachant en effet qu’elle a déboursé 1,6 million en frais divers et variés pour la Basilique (auxquels s’ajoutent 60000 euros d’expertises juridictionnelles), 6,9 millions de dégâts occasionnés sur le clocher et une perte de subventions publiques de 2,3 millions.

L’instruction, close cet été 2018, fut ré-ouverte par le président du tribunal administratif, fait rare, sur l’instance pressante d’une des parties les plus exposées en termes de responsabilité encourue, la nouvelle date de clôture étant fixée en définitive au 21 décembre 2018. Restera alors au tribunal administratif de Lille de rendre son jugement en espérant une certaine diligence eu égard à l’interminable séquence d’expertise déjà subie sans omettre qu’il ne s’agira alors que d’une décision rendue en première instance…

Les dégâts découverts au niveau de la première travée de la nef fin 2017, ont fait craindre un péril imminent sur la voûte risquant l’effondrement. La DRAC, alertée, donne son accord pour une opération de réparation et de sécurisation justifiant le choix d’un maître d’œuvre en la personne de l’architecte du patrimoine François Bisman selon des modalités assouplies au regard de l’urgence comme l’autorise le droit des marchés publics et débouchant sur un marché, conclu pour une durée de 15 mois, découpé en 3 lots (lot 1 : maçonnerie-pierre de taille, lot 2 : couverture, lot 3 : vitraux). L’objectif est de reconstruire à l’identique la première travée de la nef.

C’est aussi l’occasion pour l’architecte d’opérer un audit du clocher et d’y déplorer des dommages et autres malfaçons résultant des travaux supposés de « restauration » de 2007, travaux logiquement non réceptionnés par la ville. Au surplus, Monsieur Cappelle rappelle (comme cela avait été déjà dit en 2017) que les œuvres de la Basilique (statues et tableaux) seront déménagées pour protection et entreposées dans des bungalows sécurisés installés sur le site des ateliers municipaux au retour des beaux jours de cette nouvelle année 2019.

L’autre grand point abordé concerne les orgues. On se souvient qu’elles avaient été démontées et stockées en application d’un marché public d’entreposage en 2014 pour une tranche ferme de 4 ans, assortie d’une tranche conditionnelle d’allongement de la durée. Il fut également passé un marché de restauration des orgues dont la tranche ferme consistait en la dépose de la tribune et la protection de l’orgue de chœur et les tranches conditionnelles, la restauration de l’orgue de tribune et son remontage. La ville vient d’affermir lesdites tranches confiant ainsi la restauration à deux facteurs d’orgues de Nantes et de Lyon (assistés de sous-traitants) avec le but de garantir la cohérence des orgues de tribune et de chœur dans son schéma de 1902, le tout agrémenté d’une refonte complète du système électrique, chapeauté par un contrôle commande de dernière génération. Ainsi, ces travaux de restauration, menés en parallèle des travaux précités de sécurisation de la nef et de la voûte doivent permettre la remise en place des orgues pour 2020, ce qui constitue indéniablement une bonne nouvelle.

Enfin, le 3° point important, déjà entamé lors de l’AG de 2017, concerne l’après-sécurisation et dès lors la question primordiale de l’usage projeté de l’édifice. En clair, une utilisation cultuelle maintenue mais couplée à un usage culturel, une mixité cultuel/culturel faisant consensus. En revanche, et ce sera tout l’objet d’une réflexion se voulant globale et collaborative entre les divers acteurs intéressés (ville, diocèse, association pour la restauration, comité de sauvegarde du patrimoine valenciennois, association des amis de l’orgue…), il importera de se positionner sur la nature de la restauration, une restauration à l’identique, qui selon M. Cappelle engendrerait des coûts significatifs et un temps long alors que la Basilique continue de se détériorer ou un remaniement de la Basilique impliquant des opérations partielles, à des degrés divers, de déconstruction-reconstruction pour un volume davantage ramassé.

Après ce riche exposé sans se départir d’une grande clarté, s’engage le débat. Il est rappelé la position du Comité de sauvegarde du patrimoine valenciennois pour une restauration à l’identique, fût-ce sur un temps long même si, à cet égard, l’interrogation peut exister quant à l’échelle supputée de longévité d’une telle entreprise au regard des moyens budgétaires mobilisables et de la faisabilité technique du chantier. Il est demandé une clarification de la position de l’affectataire (absent et non représenté), la perception que l’on peut avoir, à tort ou à raison, de l’intérêt de celui-ci pour la basilique pouvant plus ou moins varier en intensité, selon les recteurs en fonction. Si la question de l’usage cultuel relève à juste titre du diocèse et non des défenseurs du patrimoine, loi de 1905 oblige, cela n’en présente pas moins un impact majeur sur le futur de l’édifice qui demeure canoniquement une basilique et dès lors le lieu de pèlerinage de N-D du Saint-Cordon, l’église Saint Géry n’abritant le culte qu’à titre provisoire depuis la fermeture de la Basilique. L’association aura à se déterminer mais cela suppose une présentation de tous les scenarii potentiels, étudiés et chiffrés, pour qu’en toute transparence puisse émerger la décision finale.

Une décision sans nul doute du ressort du conseil municipal et de l’affectataire mais sous l’œil tout à la fois vigilant et collaboratif des défenseurs du patrimoine.

Madame Caroline Biencourt, conservatrice du patrimoine du diocèse de Cambrai, présente la très belle opération de restauration du sauveur de Jonas, grand prix du patrimoine pour le magazine Pèlerin. Cette œuvre, propriété diocésaine, demeurant ordinairement en la Basilique, a pu retrouver sa splendeur originelle à la faveur du mécénat. C’est une opportunité supplémentaire pour souligner l’importance du devenir de la Basilique de même que la restauration actée des orgues doit conduire à renouveler l’attention portée à la richesse de son intérieur. L’association pour la restauration de la Basilique souhaite y contribuer en partenariat avec l’association des amis de l’orgue de la Basilique sous une forme à déterminer les prochaines semaines de même qu’elle s’associera au Comité de sauvegarde du patrimoine valenciennois pour les prochaines journées du patrimoine et l’exposition que ce dernier organise pour le cinquantenaire de sa création.

Après le rapport financier et le quitus délivré au trésorier René Delcourt ainsi que le bilan de la vente (toujours aussi régulière) de la brochure consacrée au vitrail des ursulines de la Basilique par B. Dangréaux et celui du taux de fréquentation du site internet et de la page Facebook, opérationnelle depuis une année, par Jean Poncet, vice-président de l’association, l’assemblée s’achève sur une note relativement optimiste après tant de déconvenues.


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